Tout sur les Congés Payés en 2026 : Le Guide Ultime
Le droit aux congés payés est l'un des piliers du droit du travail français. Que vous soyez salarié en CDI, CDD, intérimaire ou à temps partiel, vous cumulez des jours de repos dès votre première heure de travail. En 2026, la jurisprudence a considérablement évolué, notamment concernant l'acquisition des congés durant les arrêts maladie. Ce guide exhaustif couvre toutes les situations : calcul, indemnités, maladies, fractionnement, et obligations de l'employeur.
1. L'Acquisition des Congés Payés
En France, tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) par an. La période de référence pour l'acquisition s'étend traditionnellement du 1er juin de l'année N-1 au 31 mai de l'année N (bien que de plus en plus d'entreprises passent à l'année civile).
La différence cruciale : Ouvrables vs Ouvrés
C'est la source n°1 de confusion sur les fiches de paie.
| Méthode | Acquisition / Mois | Total / An | Décompte |
|---|---|---|---|
| Jours Ouvrables | 2,5 jours | 30 jours | On décompte les jours du Lundi au Samedi. Une semaine posée = 6 jours décomptés. |
| Jours Ouvrés | 2,08 jours | 25 jours | On décompte les jours travaillés (Lundi au Vendredi). Une semaine posée = 5 jours décomptés. |
Note : Au final, cela revient exactement au même (5 semaines de vacances). La méthode des jours ouvrés est simplement plus lisible pour les salariés de bureau.
2. Arrêt Maladie et Congés : La Révolution
C'est le grand changement acté par la Cour de Cassation et le législateur suite aux directives européennes. Auparavant, un salarié en arrêt maladie d'origine non professionnelle n'acquérait pas de congés payés. C'EST FINI !
Les Nouvelles Règles 2026 :
- Acquisition maintenue : Même en arrêt maladie classique (grippe, dépression, longue maladie), vous continuez à cumuler des congés payés.
- La limite des 4 semaines : Pour les arrêts non professionnels, l'acquisition est limitée à 2 jours par mois (soit 24 jours ouvrables / 4 semaines par an), contre 2,5 jours en temps normal.
- Arrêt Accident du Travail : Vous continuez d'acquérir 2,5 jours/mois dans la limite d'un an (règle inchangée et plus favorable).
- Report des congés : Si vous tombez malade pendant vos congés, ou si vous n'avez pas pu les prendre à cause de la maladie, ils sont reportés (limite de 15 mois pour les prendre).
3. Poser ses Congés : Droits et Devoirs
Le salarié ne décide pas seul de ses dates. C'est l'employeur qui valide. Cependant, il existe un cadre strict.
La Période Principale (1er Mai - 31 Octobre)
La loi impose de prendre au moins 12 jours ouvrables consécutifs (2 semaines) durant cette période estivale. C'est le "congé principal". L'employeur ne peut pas vous refuser ces 2 semaines d'affilée en été (sauf contraintes exceptionnelles justifiées).
L'Ordre des Départs
Si tout le monde veut partir en août, l'employeur doit trancher selon des critères objectifs définis par la convention collective ou la loi :
- Situation de famille (enfants scolarisés, conjoint ayant ses vacances imposées).
- Ancienneté dans l'entreprise.
- Activité chez d'autres employeurs.
4. Combien suis-je payé pendant mes vacances ?
Le principe est simple : les vacances ne doivent pas entraîner une baisse de salaire. Sur votre fiche de paie, vous verrez souvent une ligne "Absence Congés Payés" (en moins) et une ligne "Indemnité Congés Payés" (en plus).
L'employeur doit faire deux calculs et garder le plus favorable pour vous :
Méthode A : Le Maintien de Salaire
Vous touchez exactement ce que vous auriez touché si vous aviez travaillé ce mois-ci.
Idéal pour : Les salariés augmentés récemment.
Méthode B : Le 1/10ème
On prend le total de vos salaires bruts de la période de référence (l'année écoulée), et on vous verse 10% de ce total pour les 5 semaines.
Idéal pour : Les salariés ayant touché beaucoup d'heures sup ou de primes variables l'année passée.
Exemple : Vous gagnez 2000€ brut. Mais l'an dernier, vous avez fait 5000€ d'heures sup. Votre rémunération annuelle étant élevée, la règle du 1/10ème sera bien plus intéressante que le simple maintien de votre salaire de base de 2000€.
5. Jours de Fractionnement : Le bonus caché
Peu de salariés le savent, mais vous pouvez gagner des jours de congés supplémentaires si vous acceptez de "casser" vos vacances et de ne pas tout prendre en été.
Le calcul porte sur le congé principal (les 4 premières semaines). La 5ème semaine ne compte pas. Si, au 31 octobre, il vous reste encore des jours de congé principal (parce que vous les avez gardés pour l'hiver) :
- Vous gagnez 2 jours supplémentaires s'il vous reste au moins 6 jours de congé principal à prendre.
- Vous gagnez 1 jour supplémentaire s'il vous reste entre 3 et 5 jours.
Attention : L'employeur peut vous demander de renoncer à ces jours si c'est vous qui demandez à partir en décalé. C'est souvent une case à cocher sur le formulaire de congés.
6. Situations Spécifiques
CDD et Intérim : L'Indemnité Compensatrice▼
Elle est égale à 10% de la rémunération brute totale perçue. C'est le fameux "solde de tout compte" boosté.
Démission et Licenciement▼
Attention : En cas de licenciement pour faute lourde (très rare, intention de nuire), l'indemnité restait due (décision constitutionnelle 2016).
Temps Partiel▼
Mais le décompte est piègeux : on compte tous les jours ouvrables du début de l'absence jusqu'à la reprise, y compris les jours où le salarié ne travaillait pas habituellement !
Exemple : Vous travaillez Lundi et Mardi. Vous prenez une semaine. On décompte 6 jours (Lundi-Samedi). Au final, l'équilibre est respecté.
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